En quête de sens

Se connaître. Se découvrir. Faire connaissance avec soi-même, dans ce monde marathonnien, rempli de cases. Sacré défi d’être un humain. De se poser la question du sens de sa vie, n’est-ce pas?

Un jour, à l’école, ma classe a reçu la visite d’une conseillère en orientation. Tout le monde rentrait de son entretien avec une idée plus ou moins claire d’un métier… qui existe. Electricien, architecte, ingénieur, prof de sport, etc. Moi, je suis ressortie de là avec une conclusion étrange, que j’ai prise à l’époque pour une énigme: “Vous avez le sens du beau!”. Heu. Et? What? Tu te moques de moi, madame, derrière tes grandes lunettes? Je ne vais pas gagner ma vie en faisant des scoubidous, si?

A 18 ans, j’ai opté pour l’université. Et comme il n’y a pas de faculté du scoubidou, j’ai opté pour le journalisme. C’était presque évident: j’adorais écrire. Et puis, j’avoue que l’image du reporter sans peur et sans reproche me faisait beaucoup fantasmer. Je me suis souvent imaginée avec ma veste beige pleine de poches, silloner les pays en guerre. Mouais. Du fantasme. La vraie moi, elle a des trouilles. Et surtout, des vraies envies qui se situent ailleurs. Je suis bien plus une créative qu’une aventurière. Ça me fait un peu mal de l’avouer, mais c’est vrai.

 

Après l’unif, j’ai débarqué sur le terrain cabossé du journalisme. Dans la presse féminine et pour enfants. Mauvais timing, je pense. Pas de budgets, pas de temps, ma créativité était bridée. Du coup, j’ai lancé Tiroir de Lou en parallèle. Pour changer d’air. Pour vibrer à nouveau.

 

Il y a quelques mois, j’ai compris que ce que j’aimais avant tout dans l’écriture, c’était assembler des mots. L’esthétique d’un texte réussi. Créer, en fait… Pas forcément dénoncer les méchants et pleurer le réchauffement climatique (même si j’y suis sensible, évidemment). J’ai donc rangé ma casquette de journaliste au vestiaire. Il paraît que le tablier d’orphèvre me va beaucoup mieux au teint.

J’aime rêver, imaginer et puis faire bosser mes mains hyperkinétiques! Fabriquer des choses, c’est mon moteur depuis le berceau. La cire du Babibel, de la mie de pain, des coton-tiges, des coquilles d’œuf, etc, j’ai toujours fabriqué des mondes imaginaires avec de minis bouts de grands riens…

Aujourd’hui, j’ai envie de remercier mes pupilles. Ces deux tous petits points au milieu du visage qui permettent de voir. Certaines choses leur font l’effet d’un carré de chocolat fondant sur la langue. Avec certaines pralines, mes pieds ne touchent plus le sol (Vous connaissez les “Caprice” de chez Neuhaus?). Avec le joli, je ressens la même chose. Pour moi, le monde du “beau” est essentiel. Il apaise. Il raconte des histoires. Il distrait. Le joli, c’est doux, c’est agréable, ça élève. Comme un roman d’Eric Emmanuel Schmidt ou un film de Woody Allen. Créer des bijoux, c’est zoomer sur le joli. C’est là que j’ai trouvé ma place. J’ai eu envie de consacrer ma vie au mot “plaisir”. Parce que, finalement, c’est exactement pour cela qu’on est tous ici: profiter.

Aujourd’hui, je peux le dire: je suis heureuse de prendre part à l’aventure magique de l’artisanat. Comme un pied de nez à l’élitisme, à la mondialisation, à l’importation chinoise, à l’exploitation des enfants, etc. Je vis ce changement comme un vrai retour aux sources. Je produits des objets localement, dans le respect, je prends part au joli monde du “plaisir” et je crée de l’emploi. Aujourd’hui, je suis épanouïe. Un brin plus stressée, c’est vrai, mais heureuse d’avoir eu le courage de sauter dans le vide.

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